L’Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (INMAAC) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) a présenté, jeudi 20 février 2025 sur le campus d’Abomey-Calavi, sa pièce « Les Témoins du passé » signée de Dr Rose Ablavi Akakpo dans une mise en scène de Dr Robert Asdé. Les vestiges crient leurs souffrances nuisibles à la mémoire et à la postérité. Ils réclament protection, préservation et valorisation pour la bonne santé artistique, culturelle, socio-économique et politique du pays.

Jeudi 20 février 2025. Dans l’amphi Etisalat à l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), le blanc au fond de la tribune polyvalente prend la peau noire sur ces trois axes. Nous sommes à l’instant théâtre du Projet Arts’Chéovision de l’Institut national des métiers d’art, d’archéologie et de la culture (INMAAC) de l’UAC sur le thème « Les sites archéologiques, sources d’inspiration pour les expressions artistiques ». C’est avec la pièce « Les Témoins du passé ».

Il est 17h27. Le gong de l’histoire résonne. Les étudiants du département musique et art dramatique de l’institut sur scène, embarquent le public dans un voyage pour remonter le temps à la découverte des vestiges du passé glorieux du Dahomey, le Bénin d’aujourd’hui. Les vestiges nous parlent, content leur histoire ; l’histoire du peuple béninois qui se perd dans le temps ; un peuple estimé inutile dans le développement de l’humanité pourtant, les témoins de sa contribution existent. Les vestiges prennent la parole pour témoigner de qui les ancêtres du Dahomey sont et d’où le peuple béninois vient.
Sur fond de la chanson Enawadjo de l’artiste béninoise Dossi la Princesse, la jeune fille dans son corps en agonie exprime la ruine du mur du palais du roi Glèlè qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres patrimoines en souffrance. La comédienne en formation prête tout son être pour raconter les événements glorieux à l’intérieur de ce mur, les combats, les œuvres des Ayato Ganmènou -forgerons-, la dextérité des artisans, le quotient des reines et des princesses, etc. Du Danxomè, elle voyage avec le public sur la cité Kpassè vers le savoir-faire de ces braves femmes qui ont le secret de la production du sel. Les témoins du passé se racontent aussi dans les panégyriques, chants, danses et percussions entres les actes de la scène.

45 minutes durant, le spectacle rend témoignage du génie des ancêtres dahoméens scientifiques, architectes et non des idiots, sous-hommes ou demi hommes. La pièce défend la sauvegarde des traces de leurs œuvres qui s’effacent sous le coup de l’aménagement du territoire. « Nous sommes les mémoires de ce pays, nous sommes les témoins du passé, nous voulons vivre », clament les comédiens. Des parties de la mémoire sont enterrées sous les routes ou détruites sous le poids des gros engins. Dans son écriture, la dramaturge Dr Rose Ablavi Akakpo, auteure de la pièce, n’est pas contre la construction des infrastructures modernes dont routières mais il s’agit d’un appel à la conservation des éléments clés témoins de l’histoire qui peuvent même nourrir la culture, le tourisme et les arts.

En solution, la pièce propose « l’archéologie préventive ». « C’est comment faire pour que l’archéologie préventive devienne normale dans notre pays, que les gens ne fassent plus les routes ou ne réalisent plus de grands travaux sans qu’il n’y ait au départ l’archéologie de sauvetage », indique le directeur de l’INMAAC professeur Romuald Tchibozo. Le professeur Bienvenu Koudjo souhaite que la pièce voyage au-delà de l’université d’Abomey-Calavi pour porter ce message de préservation des vestiges aux décideurs à tous les niveaux et à l’ensemble du peuple en général.